( AFP / PHILIPPE DESMAZES )
Le géant énergétique Repsol a annoncé jeudi "se préparer" à redémarrer son activité au Venezuela, quelques jours après y avoir été autorisé par les Etats-Unis, lui offrant "une nouvelle fenêtre d'opportunités" sur ce marché qui lui est stratégique.
Implanté depuis 1993 dans ce pays d'Amérique du Sud dont le sous-sol renferme les plus grosses réserves d'or noir au monde, Repsol y détient 50% du gigantesque gisement de gaz offshore Perla et est impliqué dans plusieurs projets pétroliers avec l'entreprise vénézuélienne PDVSA, avec environ 150 employés sur place.
Mais ses opérations y ont été très perturbées en 2025 par la révocation unilatérale par Washington de sa licence d'exploitation, une décision qui a également concerné les autres acteurs étrangers présents sur place.
Or, depuis le 3 janvier et la capture par les forces américaines du président vénézuélien déchu Nicolas Maduro, la situation a radicalement changé. Donald Trump affirme haut et fort vouloir contrôler l'exploitation lucrative des hydrocarbures au Venezuela.
Ces derniers jours, à l'issue de plusieurs réunions entre l'administration américaine et des dirigeants de plusieurs entreprises pétrolières (dont Repsol), Washington a autorisé le groupe espagnol, ainsi que cinq autres géants du secteur, à y reprendre leurs opérations, sous étroite supervision.
"Nous préparons tout pour redémarrer et reprendre nos opérations", a annoncé jeudi Josu Jon Imaz, le PDG du groupe basé à Madrid, dans sa première prise de parole publique sur le sujet depuis cette annonce.
Repsol entend premièrement "fournir du gaz pour stabiliser le pays" et également "rétablir (nos) opérations normales" quant à la production de pétrole, a-t-il précisé, disant "apprécier" le "rôle" des Etats-Unis.
Josu Jon Imaz a précisé que Repsol travaillait "également en étroite collaboration avec les (nouvelles) autorités vénézuéliennes", menées par la présidente par intérim Delcy Rodriguez.
Le Venezuela a toujours une dette de plusieurs milliards de dollars envers Repsol et le groupe italien Eni.
- "Optimiste" -
"Optimiste", Josu Jon Imaz a dit espérer pouvoir augmenter au Venezuela la production de pétrole de son groupe "de plus de 50%" au cours "des 12 prochains mois".
Le groupe s'est donné un délai maximal de six mois pour mettre ses contrats en conformité avec le droit américain.
Mardi, en marge d'un sommet à Paris, le secrétaire américain à l'Energie Chris Wright avait estimé auprès de l'AFP que la production de brut au Venezuela pourrait croître de "30-40% d'ici la fin de l'année". "Ce n'est pas rien !"
"Nous restons ouverts à l'exploration d'autres opportunités à l'avenir", a de son côté martelé Josu Jon Imaz, qui s'est dit guidé par "l'ambition (...) d'atteindre l'objectif de tripler la production (de brut sur place, ndlr) en trois ans", dans "une approche gagnant-gagnant" avec Caracas.
Plus tôt jeudi, Repsol avait annoncé voir son bénéfice net augmenter de 8,1% en 2025, malgré la volatilité des marchés et la baisse des prix sur les marchés.
Présent dans plus de 20 pays dans le monde, le géant espagnol a engrangé l'an passé 1,9 milliard d'euros, contre 1,76 milliard d'euros en 2024.
Toutefois, le bénéfice net ajusté - un indicateur mesurant plus spécifiquement le rendement de l'entreprise et pris comme référence par les investisseurs - a lourdement chuté, de 15,1%, passant de 3,03 milliards d'euros en 2024 à 2,57 milliards d'euros l'an passé.
"Les résultats ont été influencés par un contexte mondial difficile, marqué par des incertitudes géopolitiques et économiques, ainsi que par la volatilité des marchés de l'énergie, entraînant une baisse de 14,5% du prix moyen du Brent à 69 dollars le baril, ainsi que par l'impact de la panne générale survenue en Espagne le 28 avril", a expliqué Repsol dans un communiqué.
L'entreprise, qui revendique plus de 25.000 employés, a produit l'an passé en moyenne 548.000 barils équivalent pétrole chaque jour.
Repsol est par ailleurs dans l'attente de la finalisation de la fusion de Neo Next avec TotalEnergies, pour créer une nouvelle entité élargie (Neo Next+), dont Repsol UK détiendra 23,63% et qui deviendra le plus grand producteur indépendant de pétrole et de gaz au Royaume-Uni.
Josu Jon Imaz a assuré jeudi que l'opération serait terminée "au premier semestre de cette année" et que Neo Next+ produira "environ 250.000 barils par jour en 2026".
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